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Apple lance sa première gamme de Mac avec ses puces maison

Apple lance sa première gamme de Mac avec ses puces maison

Depuis quinze ans, les Mac embarquait les processeurs conçus par Intel. Mardi, la firme à la pomme a présenté trois nouveaux modèles d’ordinateurs équipés de ses propres puces: ses deux ordinateurs portables les plus populaires, le MacBook Air et le MacBook Pro avec un écran de 13 pouces, et l’ordinateur fixe Mac Mini.

Apple avait annoncé le changement en juin . Mardi, elle a finalement dévoilé sa première gamme d’ordinateurs équipés de ses processeurs maison, une première dans son histoire et un séisme dans le monde de l’informatique. Depuis ses débuts en 1976, Apple embarquait les puces conçues par d’autres fabricants – IBM d’abord, puis Intel depuis 2006.

Dans une vidéo filmée depuis son siège de Cupertino, Tim Cook et ses équipes ont présenté trois nouveaux modèles de Mac équipés de M1, sa puce conçue en interne : ses deux ordinateurs portables les plus populaires, le MacBook Air et le MacBook Pro avec un écran de 13 pouces, et l’ordinateur fixe Mac Mini. « M1 est la puce est la plus puissante que nous avons jamais créé, elle rend les ordinateurs radicalement plus rapides, améliore la durée de vie de la batterie et permet de faire tourner plus de logiciels que jamais sur le Mac », a vanté le PDG d’Apple.

L’entreprise compte développer « une famille de puces » pour l’ensemble de sa gamme d’ordinateurs. Une « transition qui se fera sur les prochaines années », a indiqué John Ternus, le vice-président en charge du hardware, plus prudent qu’en juin, où la firme à pomme avait indiqué que celle-ci prendrait deux ans.

 

Meilleure durée de charge

 

Le nouveau processeur offre des performances décuplées , tout en consommant moins d’énergie. Le MacBook Air peut désormais se passer de ventilateur interne et ainsi devenir silencieux. Sa durée de charge est 50 % plus importante que le précédent modèle, montant jusqu’à 18 heures. Celle du MacBook Pro sera encore meilleure, avec une batterie pouvant durer 20 heures, soit le double du précédent modèle. Ses dirigeants ont multiplié les comparaisons avec les PC, affirmant que le MacBook Air et MacBook Pro étaient trois fois plus rapides que le meilleur des PC équivalent aujourd’hui et le Mini cinq fois.

Apple a vu la demande pour ses Mac exploser suite à la hausse du télétravail dans les entreprises et les universités. Au troisième trimestre, ses recettes ont augmenté de 28 % pour dépasser les 9 milliards de dollars, un record pour l’entreprise. Pour ne pas freiner l’enthousiasme, la société opte pour une stratégie de prix modérés, similaire à celle adoptée pour ses nouveaux iPhone dévoilés en septembre. Les nouveaux MacBook Air et MacBook Pro gardent les mêmes prix que les modèles précédents, démarrant respectivement à 999 et 1.299 dollars. Le Mac Mini sera en vente à partir de 699 dollars, soit 100 dollars de moins que le précédent modèle.

 

Internalisation croissante

 

Ces nouveaux ordinateurs sont l’aboutissement d’une internalisation croissante, démarrée avec l’iPhone. « Nous avons conçu Apple Silicon depuis une décennie, il est déjà au coeur de l’iPhone, de l’iPad, et des Apple Watch », a souligné John Ternus. Les modèles dévoilés mardi sont fondés sur l’architecture des puces embarquées dans l’iPhone 12 et l’iPad Air, qui ont une gravure d’une finesse inégalée – 5 nanomètres.

Frustré par les performances d’Intel, Apple a préféré se tourner vers Arm Holdings. Ce géant britannique des semi-conducteurs, que Nvidia a annoncé vouloir racheter à Softbank en septembre , imaginait déjà les puces des iPhone et des iPad. L’internationalisation du processus lui permettra aussi de faire des économies, de l’ordre de 150 à 200 dollars par ordinateur, selon Mark Vena, analyste chez Moor Insights & Strategy, et ainsi d’augmenter sa marge.

Depuis 2016, d’autres constructeurs comme Lenovo, Samsung et Microsoft – avec son Surface Pro X lancé l’année dernière – se sont appuyés sur l’architecture d’ARM pour concevoir des PC. Le succès n’a pas été au rendez-vous, car les logiciels développés pour le système d’Intel ramaient sur ces machines.

Apple assure que cet écueil sera évité et que cette nouvelle puce permettra de rapprocher les systèmes d’exploitation MacOS et iOS. L’entreprise a conçu des systèmes de migration facile des applications de l’iPhone et de l’iPad sur ses ordinateurs. Mais il faudra pour mobiliser les développeurs. « Apple aura une offre d’applications phares qui marcheront parfaitement au démarrage, mais ce ne sera pas le cas de toutes les applications, outils et jeux utilisés par les clients Mac », met en garde Daniel Newman, analyste chez Futurum Research. 

 

Source : Les Echos – Anaïs Moutot (Correspondante à San Francisco)

 

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